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RDC: La guerre du Kivu

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RDC: La guerre du Kivu

Message par Silver le Jeu 6 Nov - 3:40



(rfi)

Pour le deuxième jour consécutif, des combats ont opposé mercredi les rebelles du général dissident Laurent Nkunda à des milices Maï-Maï, groupes locaux d'autodéfense pro-gouvernementaux. Les affrontements ont eu lieu près de Kiwanja, dans la zone de Rutshuru, à 75 km au Nord de Goma. La localité a été reprise par les hommes de Laurent Nkunda. Vendredi, Nairobi accueillera un sommet sur la guerre dans les Kivu en présence du président de RDC Joseph Kabila, son homologue rwandais Paul Kagame et le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.
« Nous avons attaqué Kiwanja pour protéger les populations humiliées par le CNDP. Nous n'avons pas subi de défaite militaire nous nous sommes retirés sous pression de la Monuc pour protéger le cessez-le-feu entre l'armée et les hommes de Laurent Nkunda ». Voilà pour la version officielle donnée par les Maï-Maï.

Dans les faits, la coalition des milices Maï-Maï a bien été défaite mercredi après-midi par le CNDP. Selon certaines sources, des soldats rebelles hutus rwandais mais aussi les soldats de la 6e brigade, qui avait été défaite lors la prise de Rutshuru, auraient directement participé aux combats aux côtés de la coalition Maï-Maï à Kiwanja.

Une information que dément Didier Bikéty, le porte-parole des forces armées Maï Maï du Nord-Kivu : « Nous n'avons jamais été assistés par les FA, c'est une prise de conscience, ce sont les jeunes qui se sont révoltés contre l'humiliation en prenant leur destin en mains, les FARDC ont échoué. Le gouvernement général, la Monuc et le CNDP sécurisaient la population. C'est ainsi que les Maï-Maï ont pris conscience de la situation, ils ont dit nous devons protéger notre peuple, c'est ainsi que nous avons pris les armes, c'est ainsi qu'en privilégiant la paix ils viennent encore de se retirer de ces endroits là ».

Selon différentes sources, l'attaque de Kiwanja par les Maï-Maï répondait à un objectif précis : jeter à nouveau sur les routes les populations que les rebelles de Laurent Nkunda ont fait chasser des camps de déplacés pour les réinstaller dans leurs villages, le but étant de désorganiser le CNDP et de montrer qu'il est incapable de gérer les civils présents dans les nouvelles zones sous domination rebelle. Comme toujours, les populations civiles paient le prix fort :

La guerre fait rage à Kiwanja : reportage
« Qui va nous protéger ? Les enfants n'ont rien mangé depuis 3 jours... Nous n'avons rien pu emporter. Les Maï-Maï massacrent aussi, comme les hommes du CNDP... »

Les Maï-Maï ont enlevé, toujours hier mercredi, un journaliste belge ainsi que son interprète et son chauffeur. Les 3 hommes ont été emmenés à Kinyandoni par leurs ravisseurs, qui demandent la démilitarisation de Kiwanja. Des tractations sont en cours avec la Monuc pour tenter d'obtenir leur libération.

Cette situation de guerre au Nord-Kivu fait l'objet d'un sommet ce vendredi à Nairobi, où se retrouveront les deux présidents congolais et rwandais, Joseph Kabila et Paul Kagamé. Pour le moment, les autorités congolaises refusent d'entendre parler de négociations directes avec la rébellion. Le chef du CNDP, Laurent Nkunda, menace d'aller jusqu'a Kinshasa si ce refus est maintenu. Ses troupes sont aux portes de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu. La Monuc assure qu'elle ne permettra pas l'entrée de groupes armés dans la ville, même si la question se pose du rôle possible pour les casques bleus si l'armée régulière congolaise est défaite à nouveau :

Alan Doss
Chef de la mission de l'ONU en RDC la Monuc, et représentant spécial de Ban Ki-moon

« Nous sommes prêts à défendre la population, selon notre mandat... malgré certaines contraintes... Mais nous ferons le maximum pour protéger les citoyens de Goma... Nous devons avoir une posture un peu plus renforcée... »


Dernière édition par The Special one le Mer 12 Nov - 4:12, édité 2 fois

Silver

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Re: RDC: La guerre du Kivu

Message par Ya Murielle le Sam 8 Nov - 18:37

Cette guerre est la faute a Kabila. Il a avait donne la region du Kivu a ses freres tutsis rwandais et ougandais dans leur pacte secret mais il n'a pas pu tenu sa promesse. Maintenant les pauvres congolais se retrouvent au milieu, victimes d'une guerre entre ces tutsis. Mais Dieu ne laissera pas ses enfants souffrir pour longtemps.

Ya Murielle

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Re: RDC: La guerre du Kivu

Message par Silver le Mer 12 Nov - 4:11

L'armée se livre à des pillages dans l'est



par RFI

L'inquiétude persiste au Nord-Kivu malgré l'accalmie de ces derniers jours. Après sa défaite fin octobre face à la rébellion, l'armée congolaise se livre depuis lundi à des pillages et exactions à grande échelle dans plusieurs villes de l'est, selon la force onusienne (Monuc).
« Des militaires des FARDC (Forces armées de RDC, armée régulière) se livrent depuis hier soir lundi à des pillages et à des exactions contre la population civile dans la zone de Kanyabayonga », selon le porte-parole militaire de la Monuc, le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich. Les violences se sont progressivement étendues et concernent désormais aussi les villes de Kaïna et Kirumba, plus au nord. Elles se poursuivaient mardi à la mi-journée dans toute cette région, poussant vers le nord les populations effrayées.
Le CNDP de Laurent Nkunda affirme qu'il maintient le cessez-le-feu qu'il a décrété le 29 octobre dernier. « Nous ne réagissons que si nous sommes attaqués », a affirmé le chef rebelle. Sur le terrain diplomatique, les acteurs régionaux et internationaux ont tenu plusieurs sommets dont il est sorti peu de résultats.



Dernière rencontre en date celle de la SADC, la Communauté de développement d'Afrique australe qui dimanche dernier a appelé à un cessez-le-feu et à l'ouverture d'un corridor humanitaire tout comme l'avait fait deux jours plus tôt le sommet des Etats de la région des Grands Lacs et les divers ministres ou émissaires européens envoyés en tournée dans la région.
Tout le monde s'accorde sur le fait que la solution pour sortir le Congo de ce conflit est politique mais paradoxe les institutions occidentales ou africaines militent en faveur d'intervention militaire sans toutefois prendre de décisions concrètes.
Il y deux semaines la France et la Belgique plaidaient pour la mise en place d'une force européenne avant de se rétracter face aux réticences de plusieurs capitales de l'Union. La SADC se dit prête si nécessaire à envoyer des soldats africains sous réserve d'accord avec l'UA et l'ONU. En attendant tout le monde réclame un renforcement de la Monuc.


Mais à l'est du Congo il faudrait des dizaines de milliers de Casques bleus supplémentaires pour pouvoir protéger les populations dans toutes les zones où se déroulent les combats.
Aujourd'hui la mission onusienne cible de toutes les récriminations est un bouc émissaire bien pratique. Son impuissance face à la crise humanitaire du Kivu est indéniable mais elle révèle aussi celle de la communauté internationale qui manifestement peine à trouver les voies et moyens politiques pour astreindre les belligérants à faire la paix.

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Re: RDC: La guerre du Kivu

Message par Silver le Ven 14 Nov - 2:40


« Tolérance zéro » pour les pillards

Kinshasa promet de « châtier » les soldats auteurs de pillages et d'exactions cette semaine dans l'est du pays, dans la région de Kanyabayonga. « Notre principe est la tolérance zéro pour punir ce comportement qui discrédite notre armée », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende. Selon la Mission des Nations unies en RDC (MONUC), au moins trois militaires participant à ces pillages ont été tués mardi.

Kanyabayonga, ce devait être le verrou sur le front nord. Des éléments de cinq brigades et de l’armement lourd étaient déployés sur place mais, selon plusieurs sources, c’est lundi soir, suite à la rumeur d’une attaque rebelle sur la localité, que plusieurs centaines de militaires ont détalé en direction de Lubero.

Dans leur fuite, les soldats ont pillé et commis diverses exactions. Un départ précipité qui en dit long sur l’état de la nouvelle armée congolaise.

Première doléance parmi la troupe : la faiblesse des soldes, alors qu’une partie de la hiérarchie militaire s’est considérablement enrichie ces dernières années comme le disent des députés et des médias congolais.

Ensuite, les FARDC sont composées d’éléments de divers groupes armés qui se sont affrontés par le passé et dont la formation a été parfois insuffisante. La solidarité dans les rangs n’est pas toujours au rendez-vous et le manque d’encadrement sur la troupe peut se faire sentir lors des opérations.

Il faut enfin ajouter les appartenances régionales qui peuvent jouer un rôle. Les soldats issus de provinces très éloignées de l’est du Congo ne sont parfois pas motivés pour se battre pour le Nord-Kivu.

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Re: RDC: La guerre du Kivu

Message par Silver le Sam 15 Nov - 2:49


Congo to help fight Rwanda rebels
Source: BBC

Rwanda and the Democratic Republic of Congo have agreed to co-operate to deal with forces along their common border blamed for the 1994 Rwandan genocide.



Both countries' foreign ministers said Rwandan intelligence teams would go into DR Congo to help eradicate them.

The Hutu fighters have lived in eastern DR Congo since 1994 and have been a key factor in destabilising the region.

Rebel leader Laurent Nkunda has made the disarmament of the Hutu forces a key demand to halting his rebellion.


See detailed map of the area
Gen Nkunda says he is fighting to protect his Tutsi community from attacks by Rwandan FDLR Hutu rebels who fled to DR Congo after the genocide.

Some 250,000 people have fled violence that flared in August between Gen Nkunda's fighters and government forces.

The Congolese government has often promised to stop Hutu forces from using its territory, but has not done so.

Its forces have been accused of instead working with the FDLR to exploit the region's rich mines.

In last year's Nairobi agreement, the FDLR forces - estimated to number more than 6,000 - were meant to have been disarmed by the end of August.

The deadline was missed. At this point Gen Nkunda's forces resumed fighting.

But speaking at a joint news conference in the Rwandan capital, Kigali, the foreign ministers of Rwanda and DR Congo committed themselves to a course of action that correspondents say could change events in the region.

They agreed to Rwandan intelligence officers going into DR Congo to work with the Congolese army and the international community to help end the presence of the Hutu militia who have operated from the region's hills and forests.

"We confirm our firm will to bring a military plan, with man-power and material support from different countries, to enable us once and for all to put an end to the problem of the FDLR," DR Congo's Foreign Minister Alexis Mwamba Thambwe said.

By foot

Meanwhile, the UN says it is to move 60,000 people from a camp north of Goma to a location west of the city in case of fighting.

The people at Kibati camp are close to the front line separating government troops and rebels loyal to Gen Nkunda.

The UN refugee agency said aid workers have plotted out the new site - called Mugunga III - and most people will have to make the 15km journey there by foot.

Fighting has stopped aid from reaching Kibati and forced many there to flee south to the provincial capital, Goma.

The UN has accused both sides of war crimes during the latest upsurge in violence.

On Friday, women - some with black bin liners covering their hair - gathered at a sports stadium in Goma housing thousands of people who have fled the fighting.

They held up signs saying: "We mourn our children killed in Rutshuru" and "Enough of camp life".

"Women are tired of this war. We are just the victims. All people involved in this war are raping," one demonstrator, Solange Nyamulisa, told the BBC's Focus on Africa programme.

A spokesman for the charity ActionAid told the BBC that cases of rape and violence against women have risen dramatically since the latest fighting broke out.

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Re: RDC: La guerre du Kivu

Message par MobPrinz le Sam 15 Nov - 16:40





LES FEMMES DU NORD KIVU A KIGALI :


« Elles ont demandé à Paul Kagame de retirer ses troupes de la RDC et de contraindre Nkunda à revenir au processus Amani».


Des mémorandums ont été remis à la présidence rwandaise, aux ambassades étrangères présentes à Kigali et aux femmes parlementaires du Rwanda, par une délégation de femmes congolaises à Kigali, le mercredi 4 Novembre 2008. Représentant diverses associations féminines du Nord-Kivu, ces femmes ont fait entendre leur voix sur la crise qui prévaut à l’est de la République Démocratique du Congo. Malheureusement, le président rwandais n’a pas souhaité les recevoir se contentant de déléguer monsieur Mutaboba, son Envoyé Spécial pour les Grands Lacs à leur rencontre.


Le mercredi 4 Novembre 2008, 25 femmes de différentes associations sans but lucrative de la province du Nord-Kivu, ont franchi la frontière dans le but de rencontrer et de remettre aux autorités de la République du Rwanda, aux parlementaires rwandais et aux Ambassades présents à Kigali, un mémorandum exposant leurs inquiétudes face à l’aggravation de la crise militaire dans le Nord-Kivu. Dans leurs documents, les femmes du Nord-Kivu appellent une implication personnelle du chef de l’Etat rwandais, Paul Kagame dans la résolution de la crise qui prévaut à l’Est de la République Démocratique du Congo, laquelle crise vient de sacrifier plus de cinq millions de morts et plus de deux millions de déplacés internes en errance, sans compter les veuves et orphelins.


A Kigali, elles se sont entretenues d’abord avec le maire de Kigali, madame Rose, qui a salué et félicité le courage de ses hôtes. Par la suite, elles ont pris langue avec la présidence de la République du Rwanda par l’entremise de l’Envoyé Spécial du président Paul Kagame dans les pays des Grands Lacs africains, M. Joseph Mutaboba. Pendant plus d’une heure, l’entretient s’est articulé essentiellement sur la situation sécuritaire au Nord-Kivu avant de lui remettre une copie du mémorandum destiné à Paul Kagame. Dans ce mémo, elles appellent le président rwandais dont les troupes sont présentes en RDC d’user de son influence habituelle et soutenue sur Nkunda Batware afin d’obtenir son retour dans la processus Amani.


« Monsieur le Président, on accuse à tort ou à raison votre armée d’être du côté du CNDP dans la guerre qu’il livre au Gouvernement congolais. Hormis les affres de guerre et les nombreuses violations des Droits de l’Homme par les troupes du CNDP, nous femmes du Nord-Kivu sommes les premières victimes des violences et tueries dans l’Est de la RDC , raison pour laquelle nous venons vous déposer ce mémo en expression des pleurs des milliers des congolais tués ou en souffrance à cause de cette guerre », ont-elles déclaré au délégué du président rwandais.


Elles ont expliqué et rappelé à l’endroit de Kigali que cette guerre a déjà causé la mort de 5.000.000 (cinq millions) de personnes et 2.000.000 (deux millions) de déplacés internes en errance perpétuelle sans parler des veuves, orphelins, femmes, filles, et sans emplois violés, des cas de pillages des biens et des ressources naturelles, d’incendies des villages entiers, de destruction de la faune et de la flore…


Elles ont en outre demandé à Paul Kagame de privilégier la résolution politique des crises entre son pays la RDC au lieu de recourir chaque fois aux armes destructrices. Elles ont également sollicité l’intervention de Paul Kagame auprès du CNDP pour que ce dernier réintègre le processus de paix en cours à travers le Programme Amani.


De son côté, monsieur Joseph Mutaboba, Envoyé Spécial du Président Paul Kagame dans la région des Grands Lacs a estimé que la question de l’est de la RDC est multi dimensionnelle et seule la diplomatie peut résoudre le problème. Joseph Mutaboba se dit même fatigué :


«Nous avons été à Lusaka avec le République Démocratique du Congo, mais celui-ci a tout fait sauf la question des Interahamwe, nous avons soutenu toutes les signatures y afférentes jusqu’au retrait de notre dernier soldat, le 13 octobre 2002 à 13 heures. Nous sommes usés et abusés par la RDC par rapport à la médiation Congolaise entre Nkunda et le Gouvernement Congolais. ».


A cette même occasion il a accusé la communauté International de tirer profit de ce conflit et qui veut, a-t-il dit, que ce dossier s’éternise. Mais les femmes du Nord-Kivu ne se sont pas arrêtées là. La prochaine étape, consistait à rencontrer les ambassadeurs commis à Kigali en vue de les sensibiliser et surtout éveiller leur l’attention sur la souffrance des populations de l’Est de la République Démocratique du Congo.


La démarche de rencontrer les sénateurs et députés rwandais qui sont en majorité femmes, n’a pas abouti, malgré les efforts fournis par les déléguées des femmes du Nord-Kivu. La même délégation compte se rendre à Kinshasa, à Bujumbura (Burundi) et à Kampala (Ouganda) pour contraindre les dirigeants de la Région de Grands lacs à pouvoir trouver une solution définitive et concertée à la Crise qui prévaut à l’Est de la République Démocratique du Congo.

Délion KIMBULUNGU LUMPU
Coordonnateur de la Cellule de communication
PROGRAMME AMANI - EST DE LA RDC



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Re: RDC: La guerre du Kivu

Message par Ya Murielle le Dim 16 Nov - 0:48

MobPrinz a écrit:




LES FEMMES DU NORD KIVU A KIGALI :


« Elles ont demandé à Paul Kagame de retirer ses troupes de la RDC et de contraindre Nkunda à revenir au processus Amani».


Des mémorandums ont été remis à la présidence rwandaise, aux ambassades étrangères présentes à Kigali et aux femmes parlementaires du Rwanda, par une délégation de femmes congolaises à Kigali, le mercredi 4 Novembre 2008. Représentant diverses associations féminines du Nord-Kivu, ces femmes ont fait entendre leur voix sur la crise qui prévaut à l’est de la République Démocratique du Congo. Malheureusement, le président rwandais n’a pas souhaité les recevoir se contentant de déléguer monsieur Mutaboba, son Envoyé Spécial pour les Grands Lacs à leur rencontre.


Le mercredi 4 Novembre 2008, 25 femmes de différentes associations sans but lucrative de la province du Nord-Kivu, ont franchi la frontière dans le but de rencontrer et de remettre aux autorités de la République du Rwanda, aux parlementaires rwandais et aux Ambassades présents à Kigali, un mémorandum exposant leurs inquiétudes face à l’aggravation de la crise militaire dans le Nord-Kivu. Dans leurs documents, les femmes du Nord-Kivu appellent une implication personnelle du chef de l’Etat rwandais, Paul Kagame dans la résolution de la crise qui prévaut à l’Est de la République Démocratique du Congo, laquelle crise vient de sacrifier plus de cinq millions de morts et plus de deux millions de déplacés internes en errance, sans compter les veuves et orphelins.


A Kigali, elles se sont entretenues d’abord avec le maire de Kigali, madame Rose, qui a salué et félicité le courage de ses hôtes. Par la suite, elles ont pris langue avec la présidence de la République du Rwanda par l’entremise de l’Envoyé Spécial du président Paul Kagame dans les pays des Grands Lacs africains, M. Joseph Mutaboba. Pendant plus d’une heure, l’entretient s’est articulé essentiellement sur la situation sécuritaire au Nord-Kivu avant de lui remettre une copie du mémorandum destiné à Paul Kagame. Dans ce mémo, elles appellent le président rwandais dont les troupes sont présentes en RDC d’user de son influence habituelle et soutenue sur Nkunda Batware afin d’obtenir son retour dans la processus Amani.


« Monsieur le Président, on accuse à tort ou à raison votre armée d’être du côté du CNDP dans la guerre qu’il livre au Gouvernement congolais. Hormis les affres de guerre et les nombreuses violations des Droits de l’Homme par les troupes du CNDP, nous femmes du Nord-Kivu sommes les premières victimes des violences et tueries dans l’Est de la RDC , raison pour laquelle nous venons vous déposer ce mémo en expression des pleurs des milliers des congolais tués ou en souffrance à cause de cette guerre », ont-elles déclaré au délégué du président rwandais.


Elles ont expliqué et rappelé à l’endroit de Kigali que cette guerre a déjà causé la mort de 5.000.000 (cinq millions) de personnes et 2.000.000 (deux millions) de déplacés internes en errance perpétuelle sans parler des veuves, orphelins, femmes, filles, et sans emplois violés, des cas de pillages des biens et des ressources naturelles, d’incendies des villages entiers, de destruction de la faune et de la flore…


Elles ont en outre demandé à Paul Kagame de privilégier la résolution politique des crises entre son pays la RDC au lieu de recourir chaque fois aux armes destructrices. Elles ont également sollicité l’intervention de Paul Kagame auprès du CNDP pour que ce dernier réintègre le processus de paix en cours à travers le Programme Amani.


De son côté, monsieur Joseph Mutaboba, Envoyé Spécial du Président Paul Kagame dans la région des Grands Lacs a estimé que la question de l’est de la RDC est multi dimensionnelle et seule la diplomatie peut résoudre le problème. Joseph Mutaboba se dit même fatigué :


«Nous avons été à Lusaka avec le République Démocratique du Congo, mais celui-ci a tout fait sauf la question des Interahamwe, nous avons soutenu toutes les signatures y afférentes jusqu’au retrait de notre dernier soldat, le 13 octobre 2002 à 13 heures. Nous sommes usés et abusés par la RDC par rapport à la médiation Congolaise entre Nkunda et le Gouvernement Congolais. ».


A cette même occasion il a accusé la communauté International de tirer profit de ce conflit et qui veut, a-t-il dit, que ce dossier s’éternise. Mais les femmes du Nord-Kivu ne se sont pas arrêtées là. La prochaine étape, consistait à rencontrer les ambassadeurs commis à Kigali en vue de les sensibiliser et surtout éveiller leur l’attention sur la souffrance des populations de l’Est de la République Démocratique du Congo.


La démarche de rencontrer les sénateurs et députés rwandais qui sont en majorité femmes, n’a pas abouti, malgré les efforts fournis par les déléguées des femmes du Nord-Kivu. La même délégation compte se rendre à Kinshasa, à Bujumbura (Burundi) et à Kampala (Ouganda) pour contraindre les dirigeants de la Région de Grands lacs à pouvoir trouver une solution définitive et concertée à la Crise qui prévaut à l’Est de la République Démocratique du Congo.

Délion KIMBULUNGU LUMPU
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je tiens a feliciter les femmes du nord kivu de faire preuve de courage et determination pour trouver une solution a cette crise. elles honnorent la femme congolaise. quant au gouvernement congolais, meme si son standard est deja tres bas, je trouve sa reaction passive totalement inacceptable.Evil or Very Mad Evil or Very Mad

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Re: RDC: La guerre du Kivu

Message par Silver le Mer 19 Nov - 3:35

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La rébellion annonce un retrait partiel

La rébellion aux abords de deux villes de l'est de la République démocratique du Congo (RDC) a annoncé ce mardi le retrait de ses troupes de 40 km sur le front nord pour donner « une chance à la paix » dans cette région où de nouveaux incidents impliquant l'armée ont éclaté. La rébellion « devra opérer un retrait unilatéral de ses troupes sur une distance de 40 km à la fois sur l'axe Kanyabayonga-Nyanzale et sur l'axe Kabasha-Kiwanja », des fronts situés à environ 80 km au nord et au nord-ouest de Goma. A Kanyabayonga, la situation est toujours très tendue. Par ailleurs, le Conseil de sécurité pourrait autoriser cette semaine l'envoi de 3 000 hommes en renfort, dans l'est de la République démocratique du Congo.


La situation était déjà confuse autour de Kanyabayonga depuis la fin de semaine dernière, elle est aujourd’hui devenue véritablement tendue. A mesure que le CNDP approche de cette localité à fleur de colline, l’armée fuit en pillant la population. Les maisons, les échoppes sont vides, mais leurs portes sont restées ouvertes.
A Kanyabayonga, il ne restait ce matin que quelques groupes de militaires et quelques miliciens Maï-Maï, la tête et le torse décorés de feuilles censées les rendre invulnérables. La majeure partie des civils, qui n’ont pas fui, sont eux réfugiés autour de la base des casques bleus.
Ce matin, dans leur course vers le nord, pour éviter la confrontation avec les rebelles de Laurent Nkunda, les militaires qui se plaignent de n’avoir pas mangé depuis trois jours et de n’avoir reçu aucun ravitaillement en munitions, se sont battus contre leur propre supplétif, des miliciens Mai-Mai du Pareco qui ne supportent pas de voir l’armée abandonner ses positions sans combattre.
L’affrontement s’est déroulé à Kayna, ville jumelle de Kanyabayonga. Certains Maï-Maï étaient armés d’arcs et de flèches, d’autres d’armes automatiques. Les FARDC ont répliqué à coups de kalachnikov et d’obus de mortier.
En fin de matinée, un calme précaire était revenu sur Kayna, mais cette confrontation fait en tout cas les affaires du CNDP qui peut continuer d’avancer vers Kanyabayonga sans combattre, les FARDC étant désormais occupées sur d’autres fronts.
Le Conseil de Sécurité prévoit un renfort de la Monuc


Le Conseil de sécurité pourrait autoriser cette semaine l'envoi de 3 000 hommes en renfort, dans l'est de la République démocratique du Congo. Les casques bleus de Goma et du Nord-Kivu ont jusque-là été incapables de protéger les civils et d'enrayer la progression de la rébellion de Laurent Nkunda. Dans un premier temps, le Conseil de sécurité s'était contenté de souligner que la mission de l'ONU en RDC, avec 17 000 casques bleus, était déjà la plus importante mission de l'ONU dans le monde, et devait reconfigurer ses effectifs. Mais le vent semble avoir tourné.

L'appel à l'aide d'Alan Doss est finalement en passe d'être entendu. Depuis des semaines, le patron de la Monuc, la mission de l'ONU en RDC, réclame 3 000 hommes en renfort. Les deux tiers formeraient une force de réaction rapide, constituée notamment de forces spéciales. Ils seraient équipés de 18 hélicoptères et de deux avions de transport, pour se déplacer rapidement dans un pays grand comme l'Europe de l'Ouest. La Monuc réclame en outre près de 300 policiers pour libérer des soldats affectés à des tâches de surveillance, mais aussi 200 instructeurs militaires, pour entraîner l'armée congolaise, ainsi que des spécialistes du renseignement.
La France a soumis au Conseil de sécurité un projet de résolution qui autoriserait l'envoi de ces renforts de manière temporaire, notamment pour protéger les civils. Le texte rappelle que la Monuc, critiquée pour son inaction, doit mettre en œuvre son mandat de manière robuste.
Selon les premières réactions, la résolution devrait être adoptée, et ce peut-être dès jeudi. L'Inde et le Pakistan qui ont déjà des casques bleus dans les Kivu, pourraient fournir les troupes supplémentaires. Reste à savoir dans quels délais, et avec quels équipements. L'ONU prévient déjà qu'il faudra sans doute plusieurs mois pour déployer ces renforts.

Silver

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Re: RDC: La guerre du Kivu

Message par Silver le Jeu 20 Nov - 2:25

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La rébellion se retire pour donner une chance à la paix
Comme l'avait décidé Laurent Nkunda, la rébellion du CNDP a reculé de plusieurs kilomètres sur trois axes du front nord autour de Kanyabayonga. En revanche elle reste présente sur ses positions autour de Goma. Quelques heures à peine après le mouvement de ses troupes, la rébellion a accusé l'armée régulière, les milices Maï-Maï et les rebelles hutus rwandais d'avoir repris pied dans les zones évacuées. Au nord de Kiwanja, des casques bleus de la Monuc ont justement ouvert le feu sur des miliciens maï-maï, en riposte à des tirs visant une patrouille de deux blindés de l'ONU.


Pour le CNDP, le retrait de ses combattants est destiné à donner une chance à la paix et à conforter les efforts de médiation entrepris par l'émissaire onusien Olusegun Obsanjo. Reste que ce retrait est parfaitement calibré.
Les rebelles ont reculé de trente à quarante kilomètres sur les axes du front nord : Kanyabayonga-Nyanzale et Kabasha-Kiwanja. Cependant les rebelles sont toujours aux portes de Goma et n'ont pas bougé de leurs positions la plus stratégique. Une façon de maintenir la pression et d'empêcher toute éventuelle contre attaque.

Détente fragile
Car les nkundistes restent méfiants et quelques heures après leur retrait ils ont accusé l'armée régulière et les milices maï-maï d'avoir pris pied dans les zones évacuées.
A Kiwanja d'ailleurs des miliciens maï-maï se sont accroché avec les casques bleus de la Monuc, chacun s'accusant d'avoir tiré le premier. Les Maï-Maï ont même menacé de descendre sur Kiwanja, poussant les populations à fuir la ville.
Le retrait des nkundiste est le premier signe encourageant depuis la reprise des hostilités. Mais la détente est encore fragile.
Mercredi à Paris, où il est en déplacement, le président de l'Assemblée nationale congolaise, Vital Kamerhe a estimé que la voie militaire était inopérante au Nord-Kivu et s'est dit favorable à des négociations réunissant toutes les parties au conflit.

Silver

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Re: RDC: La guerre du Kivu

Message par Silver le Dim 23 Nov - 15:09

Un journaliste de radio Okapi assassiné




Didace Namujimbo, journaliste à radio Okapi, a été abattu par balle à bout portant vendredi soir par des inconnus à Bukavu. Il est le second journaliste de cette radio parrainée par les Nations unies assassiné dans cette ville, capitale de la province du Sud-Kivu. La Mission des Nations unies au Congo (Monuc) a déclaré ne rien savoir de l'identité des agresseurs.


D'après des voisins de Didace Namujimbo, il était 21 heures lorsqu’un coup de feu a été entendu dans la rue. Mais en raison du climat de peur qui règne dans la ville, plongée dans le noir à cette heure-là, ce n'est que samedi matin vers 6 heures que le corps du journaliste a été retrouvé sur place baignant dans son sang à moins de 100 mètres de chez lui. Selon radio Okapi, le journaliste a été tué d'une balle dans le cou, juste en dessous de l'oreille droite. La douille a été récupérée sur place.
D'après plusieurs sources, les assassins n'ont pas pris le téléphone portable ni l'argent (50 dollars) que Didace avait sur lui. Pour la Fondation Hirondelle - organisation non-gouvernementale suisse spécialisée dans les projets de médias dans des pays sortant de conflits - cela écarterait la thèse d'un crime crapuleux.
Didace Namujimbo avait enquêté sur l'assassinat de Serge Maheshe
Agé d'une trentaine d'années et père de trois enfants, Didace Namujimbo avait notamment couvert le procès des assassins de Serge Maheshe.
Le 13 juin 2007, Serge Maheshe avait lui aussi été assassiné devant son domicile. Le 21 mai 2008, un tribunal militaire avait condamné à mort trois civils dont les deux tueurs présumés. Or ni l'enquête ni le procès qui a suivi n'ont permis de connaître la vérité sur le mobile de ce meurtre.
A Bukavu bien entendu on ne peut s'empêcher de rapprocher cette mort violente de l'assassinat d'un autre journaliste de radio Okapi. Aujourd’hui à la rédaction de radio Okapi à Bukavu, le sentiment oscille entre le choc face à ce nouveau drame, la peur et la colère.

Léonard Mulamba
L'un des rédacteurs en chef de Radio Okapi
« Nous faisons des reportages sur l'armée, sur les affrontements... Chaque jour nos collègues qui sont dans l'est du pays travaillent dangereusement pour récolter l'information à livrer aux auditeurs de Radio Okapi. »

Reporters sans frontières (RSF), organisation basée à Paris, a exprimé samedi son « horreur » après le meurtre de Didace Namujimbo. « Le fiasco du procès des assassins présumés de Serge Maheshe a rendu possible ce second crime abject, qui plonge l'ensemble des journalistes travaillant dans l'est de la RDC dans une totale insécurité », ajoute RSF dans un communiqué.

Radio Okapi est née en février 2002 d'un partenariat entre les Nations unies et la Fondation Hirondelle. Elle est aujourd'hui la seule radio à informer les Congolais dans les quatre langues nationales et en français.

Silver

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Re: RDC: La guerre du Kivu

Message par Silver le Lun 19 Jan - 2:04

Neutral Neutral Neutral Neutral

Les dissidents du CNDP annoncent la fin des hostilites

Les commandants dissidents de la rébellion congolaise du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple) ont déclaré le 16 janvier dans un communiqué publié à Goma, la fin des hostilités avec les FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo) et la leveé de toutes les barrières sur la partie contrôlée par leur mouvement.

Le haut-commandement mis en place par Bosco Ntaganda court-circuite ainsi les négociations qui se déroulent à Nairobi entre le CNDP de Laurent Nkunda, le chef historique et le gouvernement de Kinshasa. Ceci est le résultat d'un processus mené conjointement par les autorités congolaises et rwandaises engagées depuis quelques temps dans la recherche d'une paix durable entre leurs deux pays. Le général James Kabarebe a séjourné récemment à Kinshasa avec les responsables militaires congolais. Le chef d'état-major de l'armée rwandaise a planifié les actions à mener en commun pour traquer les FDLR ou rebelles hutus rwandais et tout autre groupe armé qui constituerait une menace pour le Rwanda et la RDC.
Les dissidents du CNDP conduits par le général tutsi Bosco Ntaganda et le dissident du Pareco dirigé par le Hutu Magabe devraient être mis à contribution dans cette opération. Reste à savoir comment réagira le général Laurent Nkunda, fondateur du CNDP qui n'a jamais reconnu son limogeage de la tête du mouvement. Qui de Bosco Ntaganda et de Laurent Nkunda a réellement le gros des troupes ? Les mêmes questions sont valables en ce qui concerne le Pareco (Patriotes résistants congolais) créé par le général Lafontaine.

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Laurent Nkunda, the lone ranger with a lame horse
His heavily divided army on the breaking point


Gen Nkunda who claims to have been fighting to protect his Tutsi community from attacks by Rwandan Hutu rebels based in DR Congo, has been left in the cold as a strong faction of his army have decided to abandon his mission and join the Congolese Army for the sake of peace.


The leaders of the faction of the Tutsi rebel group said its fighters would join the Congolese army for peace sake. Experts and observers believe that the move will put pressure on Laurent Nkunda- leader of the National Congress for the Defense of the People (CNDP), to declare a full ceasefire and surrender.

The break away faction was headed by Bosco Ntaganda who along with other top officials of the Tutsi militia stated that it had ended its series of warfare with government troops. Earlier this month Mr. Ntaganda also said that he had overthrown Gen Laurent Nkunda.

The ceasefire by Mr. Ntanganda’s troops was announced at a meeting in Congo before Rwanda’s army chief of staff and the Congolese interior minister.

Many have waited for this move desperately.

Gen Laurent Nkunda had been expected to make the cease fire move earlier this week in Nairobi but chose to boycott a planned meeting with government officials from both Rwanda and DR Congo.

However, news of the sabotage has reached Nkunda’s camp and reports say that their faction would respond to the declaration of the break away faction over the weekend.



Some experts say this could lead to an internal conflict within the Tutsi rebel camp which may go on to expose Gen Laurent Nkunda.

Early January, General Bosco Ntanganda, head of the CNDP, was accused of high treason following an interview he gave to the BBC, in which he confirmed that a group of officers from the rebel group had stripped their leader, Laurent Nkunda, of his powers. He claimed that Laurent Nkunda failure in his functions “could have dire consequences for the CNDP and the people of Congo at large”.


Silver

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Re: RDC: La guerre du Kivu

Message par Silver le Mar 23 Mar - 1:25

Par RFI

Des responsables des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont accusé l'ONG humanitaire de cacher dans ses hôpitaux des rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Le 11 mars 2010, des soldats de l'armée régulière congolaise sont entrés par la force dans un hôpital de MSF au Sud-Kivu, dans l’est du pays, et y ont enlevé quatre blessés.


Des militaires armés congolais sont ainsi entrés dans l'hôpital de Katanga, une localité très isolée dans la région des Hauts Plateaux d'Uvira, dans la province du Sud-Kivu, pour enlever quatre patients blessés, dont deux rebelles hutus des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un milicien Maï Maï et un civil. Ils étaient hospitalisés pour des blessures de guerre. A la suite de cette intervention, MSF a dénoncé, le 18 mars dernier, une « violation des principes humanitaires », soulignant que « toute personne malade ou blessée a droit à des soins médicaux ». MSF a alors momentanément évacué son équipe sur place.
Toutefois les déboires de MSF au Kivu ne sont visiblement pas terminés. Un porte-parole de l'armée congolaise, cité samedi 20 mars par le quotidien pro-gouvernemental l'Avenir, a accusé l'organisation de cacher des rebelles des FDLR. Dans un entretien à RFI, le chef de la mission MSF au Kivu, Philippe Havet, a rejeté ces accusations en précisant : « C’est complètement faux ! Dans les hôpitaux MSF au Congo et dans tous les pays du monde on soigne toute le monde. Dans les Conventions de Genève, il y est bien stipulé que tout homme blessé est considéré comme hors combat. Nous, nos buts, c’est de soigner toutes les victimes ».
Ces accusations remettent en cause, une fois de plus, la position et la sécurité de MSF dans la région. L'ONG se dit prête, malgré tout, à poursuivre ses activités tant que son personnel n'est pas menacé. Philippe Havet a ajouté que « à partir du moment où nous avons un maximum de sécurité – parce que nos équipes travaillent dans des zones très dangereuses -, on va tout faire pour continuer à travailler et à toujours aider toutes les victimes de ces conflits. Maintenant, il est clair qu’il faut qu’on ait certaines garanties. S’il y a des actes contre MSF, bien entendu on ne pourra pas travailler. Mais je ne crois pas et j’espère surtout qu’on ne va pas en arriver là. On veut absolument continuer à travailler pour tout le monde ». Médecins sans frontières tentent actuellement de regagner la confiance de ses patients pour que ceux ci acceptent de revenir se faire soigner à l'hôpital sans crainte de se faire arrêter.



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Re: RDC: La guerre du Kivu

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